• 14 Septembre 2005 - Descente du RAID contre des trafiquants de drogue

    Descente du RAID contre des trafiquants de drogue à Orléans
     

    Six heures du matin, passées de quelques minutes, hier, dans le quartier de l'Argonne, à Orléans. Les hommes du RAID (Recherche, Assistance, Intervention, Dissuasion) sont prêts à passer à l'offensive. Une quinzaine de policiers d'élite, revêtus de leur habituel treillis noir, les visages dissimulés sous des cagoules et protégés par des casques, ont encerclé une habitation. Ceux qui sont chargés d'entrer les premiers dans la maison ont leur bouclier en main. Sur leurs talons, les forces de soutien ont les fusils automatiques à l'épaule. Les autres, légèrement en retrait, ont le regard et les pistolets braqués sur les fenêtres. La communication entre les unités passe par de discrètes oreillettes. Tout est calme, l'opération peut commencer en toute sécurité. En l'espace de quelques secondes seulement, sans avoir fait usage de leurs armes, mettant à profit l'effet de surprise et usant avec méthode de leur exceptionnelle force de dissuasion, les hommes du RAID ont pris possession des lieux, accédé à l'étage, et maîtrisé sans coup férir les deux personnes qu'ils étaient venus chercher. Deux jeunes hommes suspectés de se livrer à un intense trafic de stupéfiants. L'un d'eux est potentiellement armé et belliqueux, d'où l'intervention du RAID dans ce quartier sensible. Et, en effet, sous un lit, les policiers ont retrouvé un fusil à pompe.

    Au même moment, une dizaine d'opérations similaires, de moindre envergure dans certains cas, sont menées à Orléans-La Source, à Saint-Jean-de-Braye et à La Chapelle-Saint-Mesmin. Au total, pas moins de cent trois policiers, dont une trentaine du RAID, sont à pied d'oeuvre pour démanteler un réseau de trafic de drogue en plein épanouissement.

    « Cette opération conclut huit mois d'enquête menée par la sécurité publique du Loiret », indique sur place David Skuli, directeur départemental de la police nationale. « Nous avons travaillé sur commission rogatoire en étroite collaboration avec la DIPJ (Direction interrégionale de la police judiciaire). Le but, c'est de mettre fin à une économie souterraine dans certains quartiers et de ramener la sécurité.L'intervention du RAID était nécessaire sur des objectifs sensibles en terme de dangerosité ».

    Les équipes « renseignements » du RAID étaient ainsi venues à Orléans repérer les lieux et préparer dans les grandes lignes l'intervention d'hier. « Nous faisons une à deux interventions par semaine en appui des services de police traditionnels », explique Jean-Louis Fiamenghi, le patron du RAID, qui coordonne dans le quartier de l'Argonne le déploiement de ses troupes. « Nous mettons à leur disposition des personnels et des matériels. Sur ces interventions, il faut que les personnes suspectées sentent qu'il n'y a aucune faiblesse dans le dispositif. »

    À 7 heures, soit moins d'une heure après le lancement des opérations, les perquisitions sont terminées et les deux suspects ramenés au commissariat central. Pas d'attroupements dans le quartier, juste quelques curieux légitimement intrigués par les éclats de voix. Aussi discrètement qu'ils étaient arrivés, les hommes du RAID reprennent donc la direction de Paris avec leur fourgon blindé et leurs monospaces sombres. Sauf actualité brûlante, la journée devrait se limiter ensuite à des entraînements de rigueur.

    Dans les autres points de l'agglomération, les policiers orléanais ont été tout aussi prompts et efficaces. Douze autres individus, dont un mineur, sont ainsi placés en garde à vue. « Le point de départ, c'est les 426 kg de résine de cannabis que nous saisissons à l'Argonne, en février 2004 », rappelle David Skuli, patron de la police dans le Loiret. Cette fois, le butin saisi, bien que plus hétéroclite, reste tout aussi considérable : 3 kg d'héroïne d'une valeur marchande de 45.000 € environ ; 8,4 kg de cannabis estimés à 16.000 € ; 35.000 € en espèces ; une arme, trente lecteurs DVD, ainsi que des passeports et du matériel pour compacter la drogue. Six voitures sont également saisies. Bref, les policiers n'ont manifestement pas fait ce déplacement matinal pour rien. « L'objectif est rempli, maintenant il nous reste de nombreuses investigations à mener », précise Claude Catto, directeur de la police judiciaire d'Orléans. « On a bien bossé et cette saisie va presque au-delà de nos espoirs », lâche un policier de la brigade des « stups ».

    Tous savent que ce réseau, même amputé d'un certain nombre de ses membres, n'est pas moribond pour autant. Le travail de surveillance ne connaîtra donc aucune relâche


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