• Ajaccio : visite nocturne de la scène du crime

    C'est à la nuit tombée seulement que la cour d'assises spéciale de Paris, ses greffiers, les avocats des différentes parties et l'accusé Yvan Colonna, ont rejoint dimanche les lieux de l'assassinat du préfet Erignac. Une visite d'environ deux heures, qui s'est achevée vers 19h15, avant le retour à Paris ; pour masquer la scène, des cars de CRS avaient été disposés face aux barrières métalliques devant lesquelles s'étaient massés journalistes et badauds. Pendant toute la durée des repérages de la cour, un hélicoptère tournait au dessus de la baie d'Ajaccio. Les gros projecteurs destinés à éblouir les preneurs d'images qui auraient pu être en embuscade dans des appartements de la rue Colonel Colonna D'Ornano, où Claude Erignac avait été tué, n'avaient pas été mis en batterie. En revanche, des projecteurs plus petits balayaient à intervalles réguliers les façades, à la recherche de photographes éventuels. La procédure constituait en effet juridiquement une audience à huis clos et l'interdiction de photographier ou d'enregistrer en vidéo était absolue, sous peine de sanctions pénales.

    Tout au long de cette visite, Yvan Colonna est resté muet. Ses avocats ont assuré en revanche que ce déplacement, qu'ils avaient demandé, avait permis de confirmer leur thèse : la défense souligne en effet dans ce procès que tous les témoins oculaires du crime n'ont vu que deux hommes et y voient un élément pour innocenter leur client. Avis radicalement différent pour les parties civiles qui ont assuré avoir démontré qu'il était possible que les hommes ayant directement agressé le préfet aient été trois, comme l'affirme l'accusation. Selon Me Benoit Chabert, avocat de la partie civile, la cour aurait constaté que le troisième homme pouvait être resté invisible, caché derrière un immeuble. Difficile donc pour l'heure de tirer un bilan de ce déplacement ; une audience de restitution est prévue mardi.

    Des policiers mobilisés à chaque étape du parcours

    Auparavant, la cour était restée un peu moins d'une heure à la gendarmerie de Pietrosella dans le golfe d'Ajaccio, où avait été volée, lors d'une attaque en septembre 1997, l'arme ayant servi à tuer le préfet Claude Erignac cinq mois plus tard. En avance sur l'horaire en raison de la brièveté de son passage à Pietrosella, la cour d'assises spéciale avait ensuite décidé d'attendre la tombée de la nuit à l'aéroport Campo Dell'Oro pour rejoindre l'avenue Colonel Colonna d'Ornano, afin de se retrouver au plus près des circonstances de l'assassinat le 6 février 1998.

    Tout au long de ce déplacement hors-norme, les différents trajets qu'a empruntés le convoi ont été soigneusement sécurisés : gendarmes à tous les ronds-points menant de l'aéroport à la gendarmerie de Pietrosella, CRS sur la plage qui lui fait face, hélicoptères de surveillance et policiers tous les 100 mètres environ depuis l'entrée d'Ajaccio jusqu'à l'avenue où était tombé le préfet. Et c'est également sous haute protection que le Transall transportant la cour d'assises spéciale était arrivé, à la mi-journée à l'aéroport d'Ajaccio en provenance de Villacoublay. Pour justifier ce déplacement, qui coûte 100.000 euros au seul ministère de la Justice et qui a mobilisé plus de 500 policiers et gendarmes pour assurer la protection de la cour et de l'accusé, la défense avait affirmé que la géographie des lieux ne collait pas avec les thèses de l'accusation, et qu'elle pourrait le prouver sur place. De son côté, l'accusation s'était dite hostile à l'organisation de ce transport, les avocats des parties civiles et de la famille Erignac estimant qu'il n'y avait rien à en attendre. Après l'audience de restitution de mardi, le verdict est attendu vendredi.


  • Commentaires

    1
    mao62
    Mardi 6 Avril 2010 à 10:48
    putain on nous casse asser les couiii colona sai un bon il aurai tuer un ouvrier on aurai pas fait autent cinema la pour un prefect a poil il etait comme tout le monde
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