• Audacieux vol de tableaux au musée des Beaux-Arts Article paru le 7 aout 2007

    Audacieux vol de tableaux au musée des Beaux-Arts    Article paru
    le 7 août 2007

    Nice . Un commando armé et cagoulé a dérobé, dimanche, quatre toiles d’une valeur inestimable. La thèse d’un acte commandité est privilégiée.

    Deux Bruegel, un Monet et un Sisley : les braqueurs du musée des Beaux-Arts de Nice avaient visiblement bien préparé leur opération. Cagoulés et armés, les quatre ou cinq hommes sont intervenus à l’heure du déjeuner, ce dimanche 5 août. Une date et un horaire soigneusement étudiés. Malgré la gratuité bimensuelle des établissements municipaux niçois appliquée ce jour-là, les visiteurs ne sont qu’une petite dizaine à arpenter les allées du musée des Beaux-Arts au moment des faits.

    Second élément troublant qui tend à accréditer la thèse d’un vol commandité : l’organisation des cambrioleurs. Pendant qu’un groupe se dirigeait au rez-de-chaussée pour s’emparer de deux toiles signées à quatre mains par Jan Bruegel et Hendrick van Balen (Allégorie de l’eau et Allégorie de la terre), d’autres membres du commando montaient au premier étage dérober la Falaise de Fécamp de Claude Monet (également connue sous le titre Falaises près de Dieppe) et l’Allée des peupliers aux environs de Moret-sur-Loing d’Alfred Sisley. Des oeuvres que l’attachée de conser-vation au musée des Beaux-Arts, Patricia Grimaud, qualifie d’« inestimables, car elles ne se vendent pas ».

    La ministre de la Culture, Christine Albanel, a exprimé « son indignation et sa tristesse face à un tel acte qui prive le public de quatre toiles de grande importance ». Elle a salué ensuite le « sang-froid dont les agents du musée ont fait preuve et qui a permis d’éviter les violences à l’égard du public ». Six employés travaillaient dimanche dernier au musée des Beaux-Arts. « Un nombre normal pour un jour normal », tient à préciser Patricia Grimaud.

    Si l’adjoint au maire chargé de la culture, monsieur Barthe, dit vouloir profiter de « l’événement pour faire un point sur la sécurité des musées de la ville », l’élu ne semble pas remettre en question le dispositif, essentiellement axé sur la surveillance humaine. « Alarme ou pas, quand vous êtes braqué, vous ne pouvez rien faire, argumente-t-il. Des caméras, vous débranchez les fils, vous dissimulez votre apparence, comme l’ont fait les braqueurs, ce n’est pas la panacée. Je préfère un gardien de plus qu’une caméra de plus. »

    Les Bruegel, propriétés de la ville de Nice, sortaient d’une récente restauration. Quant aux deux peintures impressionnistes, leur histoire frise le rocambolesque. Le 23 septembre 1998, ces huiles sur toile étaient retrouvées dans un bateau en réparation dans le port de Saint-Laurent-du-Var (Alpes-Maritmes), deux jours après avoir été - déjà ! - volées au musée des Beaux-Arts. Le conservateur de l’épo- que, Jean Fornéris, avait été appréhendé avec deux complices et condamné à cinq ans de prison dont dix-huit mois ferme (1). Hasard, fatalité ou réel intérêt pictural : l’Allée des peupliers aux environs de Moret-sur-Loing avait, une première fois, suscité l’appétit d’amateurs d’art mal intentionnés lors d’une exposition à Marseille, en 1978.

    (1) Lire à ce propos l’ouvrage Guide des faits divers de la Côte d’Azur, de Philippe Jérôme et François Rosso,

    Le Cherche Midi Éditeur, juin 2007.


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