• Braquage de Cergy : pourquoi un tel carnage ?13 août 2001

    Après l’arrestation de l’auteur du braquage sanglant de Cergy-Pontoise, la police s’interroge sur ses motivations et les syndicats réclament de meilleures conditions de sécurité.

    Trois morts et cinq blessés, dont un dans un état critique. Le braquage, perpétré samedi contre la Caisse d’épargne du centre commercial des Trois fontaines à Cergy-Pontoise, est le plus meurtrier de ces dix dernières années. Depuis, indignation et incompréhension succèdent à la tristesse. Dominique Lefebvre, maire socialiste de Cergy, exprime " sa plus vive émotion devant cet acte sanglant de grand banditisme " et espère que son auteur sera " durement châtié ". Du côté des syndicats, on est plus dur encore. Alain Lahaye de la CGC (Confédération générale des cadres) est encore sous le choc. Il crie sa " colère ", sa " révolte " et appelle le gouvernement à prendre des mesures radicales.

    " Le milieu bancaire est de plus en plus exposé. Le gouvernement et le patronat doivent trouver des solutions pour nous permettre de travailler dans des conditions de sécurité optimales. Et vite, car avec l’euro, on craint une recrudescence de ce type de braquages (qui ont déjà augmenté de 20,3 % entre janvier et juin 2001 - NDLR). " Pour Christian Vaccaro, secrétaire général de FO : " Il faut profiter de cet événement dramatique et imbécile pour faire avancer les choses sur le sujet. ". Les syndicats " vont se réunir pour exiger un renforcement des mesures de sécurité avant le passage à l’euro ", affirme Jean-Marc Zwerenz de la CFTC. Au ministère de l’Intérieur, Daniel Vaillant s’est, pour l’instant, contenté de faire part de " sa très vive émotion et sa grande tristesse devant ce drame de la folie humaine ".

    Le ministre ne croit pas si bien dire en parlant de folie. Bien des faits sont troublants dans ce braquage. Et notamment, l’extrême violence dont a fait preuve le malfaiteur. Après s’être introduit dans la banque à 9 heures du matin et avoir ligoté sur un fauteuil le directeur de l’agence, Pascal Prieur, un père de famille de 49 ans, le braqueur l’a abattu froidement. " Une véritable exécution ", dénonce Alain Lahaye, lui-même ancien directeur d’agence. En sortant de la banque à 13 h 45, travesti en femme et caché derrière deux otages, le braqueur, qui, d’après Anne Pauly, procureur adjoint de Pontoise, serait né au Tchad en 1974, laisse derrière lui un autre cadavre, celui du conseiller financier de la banque, et deux autres victimes grièvement blessées.

    Ensuite, les fusillades s’enchaînent. Le fuyard tue le conducteur d’une Rover afin de s’emparer de son véhicule et laisse trois autres personnes sur le pavé. Rien ne semblait pourtant justifier une telle débauche de violence, le braqueur fou a fait feu sur chaque obstacle, même les plus inoffensifs.

    L’incroyable détermination du forcené pose aussi plusieurs questions. Étrange, tout d’abord, qu’il choisisse de braquer une banque se situant à quelques centaines de mètres d’un commissariat de police et en plein centre commercial à une heure de grande affluence. Étrange ensuite que, traqué par la police et le RAID, et alors que les médias diffusent des messages de méfiance, il sollicite l’aide d’un habitant d’une commune proche de la base nautique de Cergy-Neuville où il avait trouvé refuge. Et enfin, que penser de la façon dont il termine sa cavale ? En rentrant paisiblement chez lui en taxi ! Autant d’interrogations auxquelles les policiers qui l’ont arrêté, dimanche à 6 h 30, vont devoir répondre pour essayer de comprendre le drame.


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