•     " Le numéro deux de la police de Ciudad Juarez, dans l'Etat mexicain de Chihuahua (nord), a été abattu devant son domicile dans cette ville proche de la frontière des Etats-Unis, ont annoncé les autorités locales. A son arrivée devant son domicile dans les premières heures de samedi, le commandant Juan Antonio Roman était attendu par plusieurs hommes armés de fusils AK-47, qui ont ouvert le feu avant qu'il ne descende de son véhicule atteint de plus de cinquante impacts de balles, a précisé un porte-parole de la police municipale.
       
        Trois autres assassinats ont été enregistrés en 48 heures dans le même Etat particulièrement éprouvé par la violence criminelle, ce qui porte à 339 le nombre de meurtres commis dans cette région en 2008. Le nom de Juan Antonio Roman, commandant de 1.700 policiers de la ville, figurait sur une liste de personnes "à exécuter" probablement établie par le cartel local du crime organisé et déposée en début d'année au pied d'une statue dédiée au "Policier tombé en service"."

    Source : AFP (11 mai 2008)


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  • L'une des principales figures du grand banditisme tchétchène depuis le début des années 1990, Movladi Atlangueriev, alias Lénine, a été enlevé à Moscou, ce qui pourrait avoir un lien avec l'affaire Politkovskaïa, annonce lundi le quotidien russe Kommersant.

    Comme l'indique le quotidien, M. Atlangueriev, surnommé Lord, l'Italien, ou Lénine et âgé de 54 ans, s'était rangé dernièrement. Il a été vu pour la dernière fois par ses amis et les membres de sa famille il y a plus de deux mois. Selon Kommersant, l'enlèvement s'est produit le 31 janvier à proximité du restaurant Karetni Dvor, dans le centre de Moscou, où la victime s'était rendue à bord de sa Porsche Cayenne.

    Le rapt, qui s'est déroulé au vu du service de sécurité du parking, a été enregistré par les caméras de surveillance du restaurant, indique le journal. Depuis, aucune demande de rançon n'a été formulée.

    Le journal indique que M. Atlangueriev avait été expulsé du Royaume-Uni en 2007, après avoir été soupçonné de tentative d'assassinat contre le magnat russe Boris Berezovski, actuellement réfugié à Londres.

    Selon Kommersant, la disparition d'Atlangueriev pourrait être liée à l'enquête sur le meurtre d'Anna Politkovskaïa, journaliste pour le quotidien d'opposition Novaïa Gazeta, abattue en octobre 2006 en plein centre de Moscou.

    Dmitri Dovgui, un haut responsable du Parquet général de Russie chargé de l'enquête sur le meurtre de Mme Politkovskaïa, avait affirmé début avril que la justice russe soupçonnait Boris Berezovski d'avoir chargé un certain Khoj-Akhmed Noukhaïev, qui se trouve être le numéro 2 du groupe dirigé par Atlangueriev, de commettre le meurtre.
     
    source : alerte info



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  • En osant braquer une mitraillette UZI au visage de l'ex-commandant Bouchard alors qu'il sortait de chez lui hier matin, un individu a déclenché une chasse à l'homme qui s'annonce particulièrement acharnée.
    Même si toutes les hypothèses sont ouvertes et que l'enquête s'annonce longue, les policiers ne lésineront pas sur les efforts et les moyens pour le retrouver.
    «Ils ne réalisent pas à qui ils se sont attaqués», s'est insurgée au Journal une source policière bien en vue hier matin.
    Ex-commandant de l'Escouade des crimes majeurs de la police de Montréal, André «Butch» Bouchard, est une véritable icône dans le milieu policier montréalais. Durant sa longue carrière, il peut cependant s'être fait beaucoup d'ennemis.
    La police de Longueuil a pris des mesures pour assurer sa protection et celle de sa famille.
    La police de Montréal, la SQ et la firme Garda, actuel employeur d'André Bouchard, ont annoncé leur intention de collaborer étroitement à l'enquête.
    On a d'ailleurs eu un avant-goût de la détermination policière quand les artificiers de la Sûreté du Québec ont passé plus de quatre heures autour de sa maison et de sa voiture, sur le Croissant Bélair à Brossard, à la recherche d'une bombe.
    Les artificiers ont été suivis par les techniciens en scène de crime de la police de Longueuil qui ont longuement passé le secteur au peigne fin eux aussi, à la recherche du moindre indice.
    Une uzi pointée sur lui
    Tout a commencé vers 7h, quand le policier à la retraite, qui travaille maintenant chez Garda, est sorti de sa maison.
    «Il se dirigeait vers sa voiture quand un homme lourdement armé s'est approché et a pointé son arme vers lui», raconte l'agent Pierre Quintal de la police de Longueuil.
    Après un bref échange avec le suspect, M. Bouchard a rapidement tourné les talons et aurait trouvé refuge dans une cour voisine, pendant que son assaillant prenait la fuite, vraisemblablement à bord d'une camionnette blanche.
    Aucun coup de feu n'a été tiré par le suspect qui tenait un pistolet mitrailleur de type Uzi selon nos sources.
    Après avoir appelé le 911, André Bouchard a dit aux policiers qu'il croyait avoir vu un colis suspect près de sa voiture. Par mesure de précaution, les artificiers de la SQ ont donc été appelés et une trentaine de résidences ont été évacuées.
    «Quand je suis sorti, il y avait trois policiers qui l'entouraient. Il m'a fait un signe de la main, comme d'habitude et ne semblait pas inquiet», raconte Benoit, un voisin de l'ex-commandant.
    Joint par TVA au téléphone, André Bouchard n'a pas voulu commenter pour ne pas nuire à l'enquête mais s'est dit secoué.

    source :  canoe

     


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  • Dans les années 70, quelques hommes originaires de Medellin, dont Jose Gonzalo Rodriguez Gach, trafiquant d'émeraudes, les frères Ochoa, ranchers, et un criminel de rue du nom de Pablo Escobar, s'allient à un jeune trafiquant de marijuana, Carlos Ledher, et montent un réseau de transport de cocaïne vers les États-Unis dans de petits avions. Issu d'une famille de la classe moyenne,  Pablo Escobar  débute par le vol comme nombre de petits truands. Puis il  commence à vendre de la marchandise à un  pilote américain, qui arrivait en Colombie avec son avion  et payait comptant en dollars. Ce commerce « lui semble alors facile: il y a peu de risques, c’est rentable. En plus, à l’époque, il ne faut tuer personne, ce qui lui est alors « important ». À cette époque, ce trafic ne fait pas la une des journaux et il  trouve cette activité normale.

    L ‘ascension

    Le cartel de Medellin va très vite accumuler des fortunes colossales et, fort de son succès, ambitionne de contrôler l'ensemble du trafic de drogue en Colombie,

    Au début des années 1980, Pablo Escobar parvient ainsi à s'intégrer un moment dans les rangs du "Nouveau Libéralisme" qui, avec Luis Carlos Galan, cherche à moraliser la vie publique ; après en avoir été publiquement expulsé en raison de ses activités, il réussit à se faire élire en 1982 comme suppléant d'un représentant libéral. Carlos Lehder, quant à lui, met sur pieds dans son département du Quindio un mouvement politique, le "Mouvement latin socialiste", qui parvient en peu de mois, en distribuant généreusement des gratifications, à rallier un électorat local considérable. C’est d'ailleurs à l'occasion de ces interventions politiques que les noms des trafiquants, restés jusque là relativement ignorés, commencent à s'étaler dans la presse. Celle-ci est loin de porter condamnation sur ces nouvelles figures : l'hebdomadaire le plus prestigieux, Semana, les décrit en 1983 comme des "Robin Hood". Le "banditisme social" fait, lui aussi partie de l'histoire colombienne: les narcotrafiquants donnent l'impression de le prolonger.

    Pablo Escobar  ira jusqu'à proposer publiquement de régler la dette nationale de la Colombie en échange de l'impunité;  le cartel de Medellin est alors en voie de s'accaparer le contrôle des institutions politiques et une partie importante du territoire colombien en infiltrant un à un, par la force ou la corruption, les pouvoirs publics, terrorisant la classe politique du pays en multipliant violences et assassinats…
    Élu en 1982, membre du Parlement colombien, il fait construire des routes, plus de 500 maisons, des hôpitaux et devient un héros pour les pauvres, mal informés de la réalité du personnage. Au sommet de sa carrière, il dispose de revenus considérables provenant du trafic de drogue et est terriblement dangereux. Pablo Escobar aurait, pendant toute sa carrière, amassé plus de quatre milliards de dollars US. Certaines œuvres ont contribué à faire d'Escobar une espèce Robin des Bois. Ses investissements ont parfois surpris l'opinion publique. L'un des plus célèbres a été le zoo de l'Hacienda Nápoles : deux mille acquisitions et plus de cent espèces exotiques importées d'Australie, du Sahara, du Canada, d'Europe, du Congo et d'Ethiopie. L’entrée au zoo était gratuite. « Le peuple en est propriétaire et on ne peut pas faire payer le propriétaire » déclarera Escobar à la presse. Il offrira aussi 400 logements à des familles pauvres. Des quartiers entiers de Medellín et de Envigado le désigneront comme étant leur bienfaiteur. Toute cela va contribuer à lui conférer une allure politiquement légitime.

    Selon l’hebdomadaire Cambio, Pablo Escobar, entretenait également des relations étroites avec Vladimiro Montesinos, le chef des services secrets péruviens et l’éminence grise du président Fujimori. Le parrain aurait participé au financement de la première campagne électorale de Fujimori. Le frère de Pablo Escobar, El Orsito (L’Ourson), confiera dans une interview que le parrain « aurait donné un million de dollars pour payer la campagne de Fujimori. En échange, les autorités péruviennes devaient fermer les yeux sur les chargements de pâte de coca » qui passaient la frontière.

    Risques politiques et sociaux…

    Ces aventures politiques tourneront vite court. Les deux partis traditionnels ne sont pas habitués à laisser mettre en danger leur monopole et ne peuvent surtout consentir à côtoyer trop ouvertement des personnages auxquels on impute déjà de nombreux crimes.

    Le trafic de  drogue commence alors à être perçu comme pouvant avoir des conséquences sur la société colombienne. Les gouvernements sont  obligés, et cela dès avant 1984, de considérer le risque que les narcotrafiquants acquièrent, au plan national, une capacité d'influence politique qui altère le fonctionnement du système politique.

    Ces nouveaux riches conquièrent du prestige  auprès de certaines couches de la population. Les largesses dont certains font preuve, tel Pablo Escobar finançant des équipements collectifs ou la construction de logements dans certains quartiers de Medellin, importent cependant  moins que le spectacle des réussites foudroyantes de quelques individus partis de rien. Dans une société bouleversée en l'espace de quelques années par des brassages de populations et par l'ébranlement des valeurs traditionnelles, de larges secteurs de la jeunesse urbaine voient en eux des héros qui réveillent des espérances populistes qui ont été, en Colombie, constamment frustrées.

    Une expansion rapide de la corruption se fait aussi  sentir dans beaucoup des domaines de la vie colombienne. Dans ceux de la justice, de la police et, plus généralement tout ce qui a trait à l'application des lois. Dans celui des activités économiques, l'argent de la drogue irrigue largement des secteurs comme la construction, le commerce, l'agriculture. Ne plus s'afficher officiellement aux côtés des trafiquants ne signifie pas toujours dédaigner leur concours financier. La montée en force d'un clientélisme régional de type "moderne", sert de palliatif à la crise de crédibilité qui touche les deux partis traditionnels. Cette aggravation de la corruption inquiète certains membres des élites colombiennes. Mais elle sera vue par  beaucoup d'autres comme  inévitable et modérément dommageable.

    Dures limites …

    Difficile , aussi, pour l’état,  d'ignorer les moyens d'intimidation déployés par les trafiquants pour faire taire ceux qui gênent leur activité. Pablo escobar  terrorise le pays à partir de 1984, assassinant juges, policiers, journalistes et hommes politiques. Il est convaincu d'avoir tué lui-même  plus de 100 personnes et est responsable de l’assassinat de trois des cinq candidats à la présidentielle colombienne de 1989. 

    Sa violence  va mener le cartel à un affrontement direct avec l'état.  Soupçonné d'être à l'origine de centaines de meurtres de fonctionnaires, juges, policiers, dignitaires et journalistes,  il sera emprisonné; mais il s'évade peu de temps après. Mais son emprisonnement, se présente, pour beaucoup, davantage comme une idée brillante d’Escobar lui-même pour assurer sa sécurité, que comme une stratégie officielle de l'Etat et du gouvernement colombiens pour l'amener à se soumettre. C'est que le 19 juin 1991, jour où il  s'était rendu aux autorités, la session plénière de l'Assemblée Constituante avait voté l'article 35 de la nouvelle Constitution interdisant l'extradition des ressortissants Colombiens. Une fois emprisonné, son action délictueuse ne s' arrêtera pas. Escobar s'évadera au cours d'une opération où l'on tentait son transfert. Selon l'ancien ministre de l'information, Mauricio Vargas, la responsabilité du président doit être mise en cause dans l'évasion spectaculaire et rocambolesque de Pablo Escobar, qui craignait son extradition aux États-Unis.,  de sa prison d'Envigado, une luxueuse résidence, en juillet 1992.
     
    La chute

    Selon la revue colombienne Semana, la mort d’Escobar aurait été le résultat d'une vaste opération américaine, dénommée Heavy Shadow (Ombre pesante), qui « mobilisait des équipes de la CIA, de la DEA, du FBI et de la NSA », c’est-à-dire, tous les services fédéraux de sécurité états-uniens. Cette opération « a coûté en fonds secrets, charges de personnels et armes, plusieurs centaines de millions de dollars ».
    Les policiers et les soldats d'élite du groupe spécial de recherche, arrivés à Medellín le 22 juillet 1992, réalisèrent près de 20 000 perquisitions dans la ville et dans toute la région.

    D’autres groupes sont sur ses traces : les tueurs à gage du cartel de Cali qui avaient eu avec le cartel de Medellín de nombreux règlements de comptes sanglants pour la prééminence de la livraison de drogue; les mercenaires américains, israéliens et autres, alléchés par la prime de plusieurs millions de dollars US offerte par le gouvernement et les organismes anti-stupéfiants américains; les nombreux proches et familles des « collaborateurs » qu'il avait fait tuer, et tous ceux qui avaient réussi à détourner l'argent du crime par millions de dollars. Début 1993, un nouveau groupe paramilitaire terroriste « Pepe » apparaît, décidé à éliminer Pablo Escobar, et fait régner la terreur sur la ville. Le 2 décembre 1993, après des mois de travail, l'équipe de surveillance du bloc de recherche, réussit à le repérer.  Le quartier général local de la PNC (Police Nationale Colombienne) est alerté, et l’équipe  est rejointe par un commando. L’affaire se termine par l'assaut et la mort du parrain alors qu'il tentait de fuir par le toit.

    Escobar ne suscitait plus autant de sympathie sur la fin de ses jours. Même si jamais personne n'a osé le dénoncer sur ses terres, même si sa tombe est l'une des plus visitée à Antoquia, Medellín n'a pu cacher son soulagement à l'annonce de sa mort.  Ceci étant dit, de nombreux groupes familiaux ont pris le relais du trafic et l’élimination de Pablo Escobar, loin d’affecter les livraisons de cocaïne aux États-Unis, aurait même favorisé la formation de supercartels qui menacent aujourd’hui bien plus sérieusement le gouvernement colombien qu'il ne l’avait jamais fait…


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  • TAMPA, Floride (AP) -- Un malfaiteur qui a dévalisé 40 banques enFloride en l'espace de cinq ans et demi et portait souvent unpansement sur la joue lors de ses forfaits, a finalement étéarrêté, ont annoncé les autorités.Rafael Angel Rondon, 50 ans, a été appréhendé jeudi à son domicileet inculpé pour trois des hold-up attribués au fameux «bandit aupansement».Il a été identifié grâce à la plaque d'immatriculation de sonvéhicule, repérée par des caméras de surveillance devant une banqueattaquée la semaine dernière. L'empreinte de la main de Rondon aégalement été découverte sur le lieu du premier braquage présumécommis par le «bandit» en 2000.Le «bandit au pansement», qui portait parfois un revolver

    argent, a dérobé au total environ 500.000 dollars. Selon les
    enquêteurs, Rondon portait souvent un pansement durant les
    braquages pour cacher un grain de beauté sur la joue gauche.
    Avant que les enquêteurs ne commencent à le surnommer le «bandit
    au pansement», il était connu sous le nom de «bandit au ventre de
    buveur de bière».
    La police a aussi arrêté un homme de 54 ans, Emeregildo Roman,
    accusé d'avoir été un complice occasionnel du «bandit au
    pansement».


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  • Les faits se sont déroulés dans toute la France, et même aux Pays-Bas, mais c’est à Dieppe que seront jugés douze individus accusés de vols avec armes, proxénétisme, association de malfaiteurs et aide à l’entrée et au séjour irrégulier de clandestins. Car c’est à Maucomble, près de Saint-Saëns, que démarre une enquête qui passera par Paris et Arnhem, aux Pays-Bas. Et c’est par les ports de la Mer du Nord et de la Manche – dont Dieppe – que la mafia albanaise faisait transiter des centaines de clandestins vers la Grande-Bretagne.

    Tout débute donc par le braquage d’une station-service commis le 22 mai 2002 à Maucomble. Trois individus à visage découvert et armés emportent la caisse. Mais ils ont laissé leurs visages sur les images des caméras de surveillance, et des empreintes digitales à la caisse de la station-service. Les identifier est donc un jeu d’enfants. Les trois gaillards sont rapidement reconnus comme ayant commis une quinzaine d’autres faits un peu partout en France, à Orléans et dans le Nord. Le parquet d’Arras est donc saisi de ces faits, mais l’affaire de Maucomble reste instruite à Dieppe.

    D’autant que ce même 22 mai, un braquage du même genre est commis à Translay, dans la Somme, et un troisième au même endroit à la mi-juin 2002. A chaque fois, les braqueurs agissent avec la même voiture, volée à Goyencourt dans l’Eure le 15 mai 2002. Sans ménagement, les braqueurs ont éjecté le conducteur hors de son véhicule, selon la méthode dite du « car jacking ».

    Un mafieux abattu aux Pays-Bas
    par les forces spéciales

    Etablissant le lien entre le vol de voiture et les braquages, les enquêteurs du service de recherches de la gendarmerie de Rouen recueillent alors un indice intéressant : au moment où deux des braqueurs brutalisent le conducteur à Goyencourt, le troisième donne un coup de fil sur son portable.

    C’est ce téléphone qui permettra de mettre la main sur la bande, apparemment très hiérarchisée. Une fois le suspect au portable identifié grâce aux caméras de Maucomble, ses communications se révèlent passionnantes : elles aboutissent régulièrement chez un certain Korab D., soupçonné de diriger la mafia albanaise. Mais il ne sera pas nécessaire d’attendre pour que deux des trois braqueurs tombent dans le filet des forces de l’ordre. Décidément très imprudents, ils se font arrêter dans la Somme pour un vol de voiture commis sous la menace d’une arme, le conducteur ayant même reçu des coups de couteau.

    Jugés en comparution immédiate à Amiens en l’été 2002, ils écopent de quatre ans de prison. Mais il en manque un. Celui-ci a décidé de prendre l’air au pays des tulipes, mais il est tout aussi imprudent que ses complices : repéré en Hollande, toujours avec la fameuse voiture volée dans l’Eure, il se fait arrêter pour braquage à Arnhem.

    Lors d’une convocation devant le juge hollandais, alors qu’il a réussi grâce à quelque complicité à se procurer une arme, le gaillard braque le procureur, le blesse par balle avant de se faire abattre par les forces spéciales hollandaises. Rien que ça… Une affaire qui a fait beaucoup de bruit aux Pays-Bas et qui donne la mesure de la violence des individus, et l’extrême prudence avec laquelle doivent agir les enquêteurs.

    Prostitution et trafic de clandestins
    via Dieppe

    Car les gendarmes de la SR rouennaise ne désarment pas. Certes deux des braqueurs sont sous les verrous et le troisième abattu en Hollande, mais il reste la tête de ce qui semble bien être un réseau mafieux albanais. Korab D. est toujours surveillé, et plusieurs de ses complices sont d’ailleurs vus à Dieppe entre l’été 2002 et l’été 2003. Parmi ces complices, un douanier qui contrôle les voyageurs de l’Eurostar, en gare du Nord à Paris…

    Car la bande de Korab D. ne se contentait pas de braquages. Elle se livrait aussi au proxénétisme sur Paris, un réseau international très lié avec la Belgique où transitaient, avec de faux papiers, de jeunes Albanaises, Moldaves ou Roumaines. Et au trafic de clandestins. « Des centaines, voire des milliers de personnes en situation irrégulière » selon une source proche de l’enquête, pour l’essentiel des Indiens et des Pakistanais qui cherchaient à rejoindre l’Angleterre. Et le douanier parisien percevait 1 500 euros par voyageur qu’il laissait passer dans l’Eurostar. A raison de plusieurs centaines, on imagine que ce trafic était juteux…

    Mais cela n’a pas duré. Les enquêteurs ayant réuni suffisamment d’éléments sur cette mafia, le coup de filet a été réalisé le 17 septembre dernier. Ce jour-là, le GIGN (groupe d’intervention de la gendarmerie nationale) interpelle la bande, en région parisienne essentiellement. Le chef de la mafia est interpellé dans la chambre d’une chaîne d’hôtels à prix modiques dont il s’était fait un bon client, y installant ses QG au gré de ses « affaires ». Sept Albanais, un Turc, un Africain, un Bengali, un Egyptien et le douanier français font partie du lot. Six d’entre eux seront placés en détention.

    Agés en moyenne d’une trentaine d’années, ces douze individus, dont certains sont, on l’a vu, dangereux, sont mis en examen. Ils devraient être jugés au terme de l’instruction à l’automne prochain. Le tribunal de Dieppe risque à ce moment-là de ressembler de nouveau à un camp retranché, comme ce fut le cas en juin dernier lors du procès des arracheurs de distributeurs. D’autant qu’il s’agira cette fois de juger rien de moins qu’une mafia…


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  • LE 12 NOVEMBRE 2007

    Le car de la compagnie de transport STMB immatriculé 11LL4566BF a été victime d’un braquage le samedi 10 novembre 2007 sur l’axe Dori-Ouagadougou aux environs de 15 heures. Les ministres en charge de l’Environnement et celui délégué à l’Agriculture seraient tombés dans le guet-apens sans l’alerte d’une équipe de reportage qui a flairé le danger.

    De retour d’une mission qui l’a conduite dans le Sahel, une équipe de reportage à bord d’un véhicule se rendait à Ouagadougou le samedi 10 novembre 2007. Si le trajet Dori-Taparko a été effectué en toute quiétude, il en a été différent pour le trajet Taparko-Tougouri.Au beau milieu de ce tronçon, l’équipe de reportage a aperçu à deux cent mètres un car et d’autres véhicules immobilisés. Le chef de mission somme son chauffeur de ralentir. Il soupçonne un braquage. Mais le car immobilisé en face fait des jeux de phare pour faire croire que tout va bien. Suite à ce manège, le chauffeur dira qu’il s’agit d’un simple contrôle de police. Mais après avoir reconnu des silhouettes d’hommes à même le sol, l’équipe rebroussera chemin à vive allure en direction de Dori. Elle alerte des véhicules qui se rendaient à Ouagadougou.

    Ces derniers une fois mobilisés, on reconnaît les ministres en charge de l’Environnement Laurent Sédégo et celui délégué à l’Agriculture, Issaka Maïga. Ils s’étaient rendus à Dori dans le cadre d’une signature de convention entre les partenaires de l’aménagement du Bassin du Niger et les commissions villageoises. Les ministres informés de la situation alerteront à leur tour les forces de l’ordre de la région. Tous les véhicules en provenance de Dori replieront avec la délégation des ministres à Taparko-village pour plus de sécurité.

    Une heure plus tard, une patrouille des forces de l’ordre vient rendre compte aux ministres. "Il s’agissait bel et bien d’un braquage. Mais les bandits se sont enfuis", a expliqué le patron des forces des l’ordre. A la police de Tougouri où se trouvent les victimes, on reconnaîtra le car de la compagnie STMB immatriculé 11LL4566BF. Ce braquage n’a fait aucun blessé, dira une victime aux ministres. Mais les braqueurs ont dépouillé les passagers de leur argent, leurs téléphones portables et bien d’autres objets de valeur.

    Des enveloppes contenant de l’argent et destinées à des particuliers à Ouagadougou ont été également emportées. Sayouba Bagagnan, commerçant à Yalgo, visiblement choqué, confiera avoir perdu un million de F CFA. "Je devais retirer de l’argent dans la capitale pour compléter cette somme et me rendre au Nigeria", regrette-t-il. Les victimes estiment que les malfrats "lourdement armés" cherchaient quelque chose de particulier. "Nous avons passé plus d’une heure trente couchés à même le sol. Les voleurs ont passé le car au peigne fin", lancera une dame toujours sous le choc mais heureuse d’être sortie indemne du braquage.

    De l’avis d’une autre victime, plusieurs autres véhicules ont fait l’objet de fouille. "Il y avait un véhicule fond rouge et les occupants nous ont expliqué qu’ils ont été dépouillés de leurs bons d’essence, téléphones portables...". Les bandits se sont ensuite volatisé dans la nature. "Ils ont pris des bagages assez lourds et sont repartis dans la brousse", a dit une autre victime. Ainsi, les bandits ont encore frappé sur les routes du Faso. L’heure et le lieu du braquage pas de réseau téléphonique) démontrent qu’il s’agissait d’une bande qui maîtrise bien la zone aurifère du Sahel.


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