• "J'ai cru que c'étaient des policiers"

    Émile a été enlevé et séquestré pendant quatre heures. Les malfrats en voulaient à son argent

    BRUXELLES Dans notre édition de dimanche, nous vous parlions de l'enlèvement de ce fiscaliste pris en otage pendant quatre heures, le temps que les malfrats tentent de lui dérober une partie de sa fortune. Ce fiscaliste réputé, c'est Émile Gendarme, 63 ans.

    Malgré le choc, il a accepté de nous raconter son calvaire. "C'était vendredi soir, vers 18 h, je suis sorti du ring car il y avait des embouteillages. J'étais à Grand-Bigard, mon téléphone a sonné. Je me suis mis sur le côté pour décrocher." La manoeuvre fut fatale.

    "Une camionnette s'est arrêtée à ma hauteur. J'ai vu un homme en sortir. Il avait un uniforme de policier. Le pantalon, la veste avec l'insigne et une cagoule noire", précise Émile, ému. "Il pointait une arme dans ma direction et me disait d'ouvrir la porte. Je me suis dit que c'était la brigade grand banditisme, qu'ils avaient dû se tromper de cible."

    N'ayant rien à se reprocher, Émile a déverrouillé les portes. "Ils sont arrivés à quatre dans la voiture. Quatre en uniforme de police armés jusqu'aux dents. Il y avait même une kalachnikov. J'ai immédiatement reçu un violent coup dans la nuque et un des gars m'a dit: Démarre, démarre." Émile a compris qu'il devait suivre la camionnette bleue. Après avoir roulé quelques kilomètres, Émile a reçu l'ordre de s'arrêter. "On est arrivés sur le parking d'un garage. La camionnette s'est arrêtée aussi. Un homme est descendu et a pris ma place, siège conducteur." Sous les coups, Émile a été poussé sur la banquette arrière. "J'ai dû mettre ma tête sur les genoux d'un des gars. Il n'arrêtait pas de pousser dans mes yeux pour m'aveugler."

    Dix minutes plus tard, la Mercedes CL5 350 AMG d'Émile s'est arrêtée dans un hangar vide. "Ils m'ont frappé et déshabillé. Entièrement. J'étais nu comme un ver. J'ai dû me mettre à genoux sur le sol, les mains menottées dans le dos." Les malfrats ont parlé. "On ne te veut aucun mal, on veut ton fric. On sait que tu gagnes beaucoup d'argent." Et réalité, ils savaient beaucoup de choses. "Ils ont parlé d'un coffre qui se trouve dans la penderie de ma femme." Étrange puisque le couple avait été cambriolé il y a quelques mois...

    Après avoir fouillé la veste d'Émile, les malfrats ont trouvé toutes les cartes de crédit. "J'ai dû donner les codes. Ils m'ont frappé, ils ont même pressé mes testicules pour que je parle. Et puis j'ai entendu ma voiture partir..."

    Deux heures plus tard, ils sont revenus avec une autre voiture. "Ils parlaient arabe mais j'ai entendu le nom Viasat (société de la localisation par satellite), j'ai compris que ma voiture avait été immobilisée."

    Émile est remonté de force dans la camionnette. Quatre heures après avoir été enlevé, ses ravisseurs l'ont largué dans une rue de Molenbeek. "J'ai vu une famille, j'ai demandé d'appeler la police. Ils m'ont gentiment conduit au commissariat le plus proche."



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