• Un braqueur de la Banque de France arrêté vingt ans après 27/12/2006

    UN MALFAITEUR, condamné à la réclusion criminelle à perpétuité pour un vol à main armée en juillet 1986 à la Banque de France de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique) et en fuite depuis, a été arrêté vendredi dernier à Paris. Miloud Hai, un Algérien de 48 ans, aurait participé le 3 juillet 1986, avec neuf complices, à l'un des braquages les plus importants jamais commis en France : ce jour-là, les malfaiteurs étaient repartis avec un butin de 88 millions de francs (13,4 millions d'euros). Lourdement armé, le commando avait agi tôt le matin, prenant en otage le caissier et sa famille, logés à l'étage de la succursale, ainsi que le directeur et une trentaine d'employés. Avec l'aide de ces derniers, les braqueurs avaient rempli plusieurs sacs de billets neufs et usagés. Menacé par un revolver, le caissier avait quant à lui été blessé en tentant de détourner le canon. L'équipe avait ensuite pris la fuite à bord de deux voitures.
    «Les braqueurs funambules»
    Un temps attribué à Action directe, ce hold-up était intervenu quatre mois seulement après celui d'un autre établissement de la Banque de France, à Niort, où cinq hommes armés et masqués avaient réussi à faire main basse sur 29 millions de francs. Le braquage de Nantes avait finalement été revendiqué quelques jours plus tard par ses auteurs : se faisant appeler « les braqueurs funambules », ceux-ci avaient fait parvenir aux journaux un courrier anarchisant auquel était jointe une liasse de billets de 200 francs percés de quatre trous.
    Deux ans plus tard, en janvier 1988, l'Office central de répression du banditisme interpellait une quinzaine de personnes, dont Miloud Hai, arrêté à son domicile. Interrogé par la police, l'homme avait reconnu avoir fourni les véhicules au commando, stocké les armes utilisées et touché 8 millions de francs (1,22 million d'euros) au passage. Remis en liberté dans l'attente de son procès, Hai avait aussitôt disparu dans la nature. Condamné par contumace à la réclusion criminelle à perpétuité en 1992, à l'instar de trois autres complices en fuite, il faisait depuis l'objet d'un mandat d'arrêt. Quatre autres protagonistes de cette affaire avaient écopé de onze et huit ans de réclusion criminelle, six mois d'emprisonnement et deux ans de prison avec sursis. Deux autres, enfin, avaient été acquittés.
    Le passé a brusquement ressurgi au printemps dernier, avec l'agression le 27 avril d'un agent immobilier à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine), impliquant trois des cousins de Miloud Hai. Sous la menace, ils avaient contraint leur victime à ouvrir son coffre-fort et s'étaient emparé de 15 000 euros avant de la ligoter. Les policiers du service départemental de police judiciaire des Hauts-de-Seine n'ont pas tardé à retrouver la trace de celui qui avait jusque-là réussi à « déjouer les dispositifs des services d'investigation ». Bien que prenant « beaucoup de précautions » pour ne pas être inquiété, Miloud Hai a été interpellé vendredi dernier à l'aube, alors qu'il sortait de son domicile du XVIIIe arrondissement.
    Soupçonné d'avoir participé avec ses cousins aux faits du 27 avril, il devrait être mis en examen prochainement.
    Un juge d'application des peines l'a d'ores et déjà reçu pour évoquer avec lui, sa condamnation vieille de quatorze ans.


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