Deux gardes civils effectuaient une opération de surveillance commune avec les renseignements généraux français sur des personnes soupçonnées d'appartenir à l'organisation séparatiste basque ETA, lorsqu'ils ont été visés par des individus armés, samedi matin à Capbreton dans les Landes. L'un d'eux est mort et l'autre a été grièvement blessé. Les deux hommes ont été atteints par des balles tirées à bout portant alors qu'ils s'apprêtaient à monter dans leur voiture appartenant au ministère de l'Intérieur français, vers 9h30. Deux hommes et une femme, qui ont pris la fuite dans une Volkswagen Golf grise immatriculée en Gironde, sont activement recherchés.
Au cours de leur cavale, ils ont pris en otage une femme qu'ils ont libérée par la suite. Elle a été attachée pour permettre à ses ravisseurs de prendre la fuite. Après avoir réussi à se défaire de ses liens, la femme a rejoint la gendarmerie la plus proche, à Saucats. "Après la fusillade, les etarras présumés ont pris la fuite à bord d'un véhicule immatriculé en Gironde qu'ils ont rapidement abandonné dans le centre de Capbreton pour s'emparer d'un autre véhicule, conduit par une femme avec laquelle ils sont partis", a expliqué le parquet de Paris.
"C'est la prison qui attend les auteurs de cet attentat"
Si la piste de l'organisation basque se confirmait, il s'agirait du crime le plus grave jamais perpétré par ETA en France en 40 ans de lutte armée pour l'indépendance. L'organisation clandestine n'a en effet jamais tué ni commis aucun attentat en France. Elle avait déjà échangé des tirs avec des gendarmes, mais sans faire de victime. L'ETA utilise seulement la France comme base arrière pour cacher ses militants et ses arsenaux et les faits les plus graves commis sur le territoire français sont essentiellement de nombreux vols d'armes et d'explosifs, ainsi que des poses de bombes qui n'avaient fait que des dégâts matériels.
Commentant la présence de gardes civils espagnols en France, Michèle Alliot-Marie a déclaré samedi : "Il s'agit d'opérations classiques qui tendent à repérer les personnes de l'ETA qui viennent se réfugier sur le territoire français où ils préparaient des opérations. Nous avons une coopération entre la police française et espagnole dans ce cadre", a-t-elle ajouté. "Tous les moyens seront mis en oeuvre pour retrouver les auteurs" de l'attaque, selon la ministre qui a indiqué que le plan d'alerte "Epervier" avait été déclenché. "C'est la prison qui attend les auteurs de cet attentat", a lancé pour sa part le ministre espagnol de l'Intérieur. Le chef du gouvernement espagnol José Luis Rodriguez Zapatero a lui "très fermement" condamné l'agression, ajoutant que l'ETA "n'obtiendra jamais ce qu'elle veut par la violence". Les ministres de l'Intérieur français et espagnol ont annoncé qu'ils se rendaient tous deux immédiatement sur les lieux de l'incident.