
Les deux hommes "sont probablement loin", a-t-on reconnu de source policière lundi en fin d'après-midi. Ils ont pu aller vers la "Belgique, la Hollande, ou redescendre dans l'Aisne pour aller vers le Luxembourg, il y a plein de possibilités", a-t-on ajouté de même source. "Leur plan n'était pas prévu comme ça. Il y a une part d'improvisation", a-t-on poursuivi, soulignant que l'enquête allait être longue.
Plusieurs braquages de voitures
Le premier fuyard, Christophe Khider, 37 ans, a été condamné à la perpétuité pour un braquage avec mort d'otage. Il avait été ensuite condamné en 2007 à 15 ans de prison pour une tentative d'évasion de la prison de Fresnes en 2001. Le second, Omar Top El Hadj, 30 ans, a été condamné à 10 ans de réclusion criminelle pour une fusillade avec des policiers en 2002. Il était "libérable en 2020", selon une source pénitentiaire.
Les deux "otages d'Amiens" ont été auditionnés après avoir reçu des "soins", selon une source policière, précisant que le grand-père, âgé de 65 ans, aurait été "violenté". Deux "voitures-relais" utilisées par les fuyards et retrouvées l'une à Amiens, l'autre à Arras, devaient en outre être "passées au peigne fin" par les services de l'Identité judiciaire de la police judiciaire. Dimanche déjà, c'est à l'aide d'otages qu'ils se sont enfuis. Après avoir fait sauter les portes du parloir, ils ont pris deux surveillants en otage, qu'ils ont relâchés dans la soirée à Evry, dans l'Essonne. Entre temps, il y a aussi eu changement de voitures, notamment après un accident.
Deux proches des évadés en garde à vue
Le plan "Epervier", consistant à l'établissement massif de barrages de gendarmerie, a été déclenché dès dimanche. L'administration pénitentiaire a annoncé lundi des "mesures d'urgence" pour renforcer la sécurité, en particulier des "renforts" de personnel, à la prison de Moulins, qui comprend deux établissements distincts, une maison d'arrêt et une maison centrale, compte 272 places.
La
concubine de Christophe Khider et la soeur d'Omar Top El Hadj ont été
placées en garde à vue et sont interrogées par la police judiciaire. "Il y a eu concomitance entre leur arrivée à Moulins et l'évasion. C'est pourquoi nous avons encore besoin de les interroger", a souligné le procureur de Lyon, ajoutant que si une mise en examen des deux femmes intervenait, ce ne serait "pas avant mardi".
La quarantaine d'autres personnes qui se trouvaient dans le parloir au
moment où les détenus ont pris en otage les deux surveillants avec au
moins un pistolet ont été entendues par les enquêteurs dans la nuit .
source : lci