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Marion catégorique, Bonnet plus obscur |
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"Evidemment coupable" ou possiblement... Les deux personnes entendues lundi l'une après l'autre devant la Cour d'assises spéciale de Paris n'avaient pas le même ton. Pour Roger Marion, l'ancien patron de la police antiterroriste qui a dirigé l'enquête sur l'assassinat du préfet de Corse Claude Erignac le 6 février 1998, Yvan Colonna est bien le 7e homme du commando ayant fomenté l'assassinat du préfet. C'est ce qu'il a dit lundi aux juges, après avoir défendu son enquête très contestée pendant plus de six heures, alors qu'il ne devait témoigner que durant la matinée (lire ci-dessous). Bonnet : Colonna a "le profil" En revanche, pour l'ancien préfet de Corse Bernard Bonnet, entendu donc dans la soirée, pas d'accusation directe. Refusé lundi de se prononcer sur la culpabilité d'Yvan Colonna, le successeur du préfet Erignac a en revanche dit avoir eu en mains des éléments à charge et estimé qu'Yvan Colonna avait "le profil" pour appartenir au commando. Il a également nié avoir mené une enquête parallèle sur le crime mais répété qu'il avait bénéficié d'informations de la part d'un "citoyen corse", qu'il refuse de nommer et surnomme "Corte". "Jamais Corte ne m'a dit qui avait tiré sur le préfet Erignac. Les éléments que j'avais il y a 9 ans peuvent être nourris par les éléments suivants : Ferrandi est le chef du commando, connaissait les frères Colonna, avait constitué les groupe 'des anonymes' à partir d'une dissidence du FLNC-Canal historique", a-t-il expliqué. Cet informateur, a-t-il ajouté, ne lui a jamais mentionné le nom de l'accusé. Et sur LCI, il a affirmé que Corte avait donne "le nom de Colonna... mais Stéphane" : le frère d'Yvan. Marion assume toute la responsabilité de l'enquête Le préfet hors-cadre de 60 ans a longuement retracé une enquête où, assure-t-il, ses services "marchaient de conserve" avec les autres. Cette présentation, loin de l'image de "guerre des polices" qui colle à l'enquête, a toutefois perdu de son impact quand, sous les questions de la défense, il a dû reconnaître qu'il n'avait jamais été averti par les renseignements généraux de la pose d'une balise sous la voiture d'Yvan Colonna. De fait, l'accusation repose essentiellement sur les aveux détaillés de quatre des six membres du commando qui ont désigné Yvan Colonna comme un des leurs, avant de se rétracter en choeur 17 mois plus tard. "Ces aveux ont été corroborés par d'autres aveux et matérialisés" par les témoignages, insiste Roger Marion. "Je crois à la sincérité des aveux". Et ils ont été recueillis "dans le respect de la déontologie policière", répète-t-il plusieurs fois, alors que plusieurs témoins ont dénoncé des interrogatoires "sous pression". Colonna garde son habituel air impassible. Mais il écoute et sursaute lorsque Roger Marion évoque une tentative d'attentat dont on l'a soupçonné en 1994. "J'ai été blanchi... Qu'est-ce que vous racontez-là ?", lui lance-t-il en se levant subitement. La fatigue aidant, les réponses de Roger Marion perdent en précision. A la suite, il donne trois versions différentes du recueil des premiers aveux mentionnant Yvan Colonna. Il finit par admettre qu'il n'était pas là à ce moment crucial et qu'un policier l'a prévenu par téléphone. A la défense qui s'étonne, il répond : "je suis peut-être aller chercher une bière ou un sandwich". La semaine qui s'est ouverte au procès Colonna est cruciale. Mercredi, ce sera au tour des trois juges d'instruction de se présenter à la barre. Vendredi, les six complices présumés d'Yvan Colonna, déjà condamnés en 2003, seront également appelés à témoigner. |